Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 11:23

Le document de TV5 est un ensemble de commentaires portés par différents journalistes de journaux étrangers sur l'élection de François Hollande. Il est à noter que l'intervention du journaliste chinois (assis à coté du journaliste israélien), intervenue en direct juste après le reportage sur le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère a été coupée au montage. Est-ce parce qu'il mettait en cause le rapprochement fait dans le reportage entre son président Hu Jin Tao d'une part, le colonel Khadafi ou l'ex-président tunisien Ben Ali de l'autre ? Ou parce qu'il reprochait à F. Hollande de vivre dans le péché avec sa compagne ? Mystère, TV5 effectue une sélection des commentaires sans en expliquer les critères.

 

 


 

 

La victoire “molle” (Hervé Gattegno, RMC-Le Point, 07/05/2012) du candidat “normal” (Une de Libération, 07/05/2012) : c'est peu dire que l'élection de François Hollande ne soulève pas un enthousiasme délirant, tout au moins dans les médias. A l'étranger, les journaux ont d'ailleurs plutot titré sur la défaite du président sortant, Hollande apparaissant alors comme un vainqueur par défaut, auquel la presse étrangère adresse trois critiques. soulignant le péché originel du président élu, à savoir que personne ne le connaît. Remarquons au passage que jusqu'à la semaine dernière, tout le monde connaissait Sarkozy, mais personne n'en voulait plus. Tout ça n'est pas très clair.

 

Anonyme, donc, François Hollande. Et dans la presse reviennent trois remarques :

 

“François Hollande n'a pas d'expérience internationale, c'est un inconnu à l'étranger.”

C'est vrai, on n'a pas élu David Guetta, Zinédine Zidane ni Gérard Depardieu. Il n'aura toutefois échappé à personne qu'aucune de ces trois célébrités ne se présentaient. Mais est-ce si différent ailleurs? Qui connaissait Barack Obama ou Angela Merkel avant leur élection? On notera au passage que la presse a parfois la mémoire courte, puisque lors de son passage au Royaume-Uni pendant la campagne, les journaux anglais s'étaient effarouchés d'une déclaration de Hollande qui désignait la finance comme un ennemi. Trois mois plus tard, tout est oublié?

 

“La relation franco-allemande va se détériorer, ce qui affaiblira l'Europe.”

Pourtant, depuis 1957, l'image la plus emblématique de la relation franco-allemande est pour beaucoup d'entre nous celle de F. Mitterrand et H. Kohl, main dans la main, rendant hommage aux morts de la Première guerre mondiale. Là non plus, pas de révélation fracassante : les deux hommes appartenaient à deux familles politiques différentes. On pourrait égalerment évoquer V. Giscard d'Estaing et H. Schmidt pour les plus anciens. Bref, la relation franco-allemande a souvent dépassé les traditionnels clivages gauche-droite.

 

“Il n'est pas marié, les Chinois, les Indiens et tant d'autres ne voudront jamais le recevoir.”

Là, c'est vrai, l'obstacle est de taille. Sera-t-il, comme son prédécesseur, contraint et forcé d'épouser un longiligne mannequin aphone récemment remis à neuf pour donner des gages de sérieux et de crédibilité? Faut-il considérer que le mariage fait partie de la panoplie présidentielle? De toute façon, au pays de l'enfant unique, avoir quatre enfants sans être en prison, ça surprendra forcément.

 

Alors certes, les accordéons sur la place de Tulle entonnant Viens Poupoule ou La Vie en rose évoquent un terroir que seuls les vrais amateurs de beaujolais frelaté et d'andouillette suintante savent apprécier. Certes, ils nous éloignent des excentricités ladygaguesques qui constituent aujourd'hui le modèle d'art et de culture universel. Mais pour être un diplomate désireux de bien faire, un négociateur habile mais honnête, un homme politique résolu sans etre obtus, faut-il se fondre dans le moule mainstream formaté par des publicitaires en mal d'imagination, si l'on me pardonne ce pléonasme? Hollande s'est présenté comme il est, riche de ses seuls yeux tranquilles, certains ne l'ont pas trouvé malin, la majorité l'a pourtant choisi pour présider la France pendant au moins cinq ans. Laissons-lui faire ses preuves et prions pour le pauvre François !

 

 

Je suis venu, calme orphelin

Gaspard Hauser chante :

Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.

A vingt ans un trouble nouveau
Sous le nom d'amoureuses flammes
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.

Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.

Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
O vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard !

 

Paul Verlaine

Par yann jubier
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Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 13:39

 

Revoilà le festival de Cannes. L'année dernière à la même époque, le festival international du film de Cannes distinguait un film dont la carrière n'allait pas s’arrêter en si bon chemin. Quelques mois plus tard, en effet, il obtenait une pluie de récompenses à un autre pince-fesses cinématographique renommé : les récompenses, ce sont les Oscars, le film, c'est bien sur The Artist.

 

the artist photo blog

 

 

Ils ont exulté, hurlé leur joie,étalé leur bonheur, se sont félicités, congratulés, , bref, ils ont triomphé, mis Hollywood à leurs pieds. “Ils”, ce sont les artistes de The Artist, du réalisateur à l'acteur principal, en passant par l'actrice – mais un peu moins. Un succès pareil, la France n'en avait pas connu depuis au moins... voyons... enfin, n'en avait pas connu. Exultons donc en choeur, ne boudons pas notre plaisir, réjouissons-nous à l'unisson!

 

Succès total... ou piège infernal?

 

Et pourtant : à y regarder de plus près, avec l’œil sagace de l'observateur ayant fait le plein de recul sagace et de neutralité bienveillante, à qui rien n'échappe et à qui on ne la fait pas, on décèle au coeur de cette affaire un faisceau d'éléments qui font de cet apparent triomphe une vraie catastrophe, orchestrée par les ennemis de la France. Les voici :

  1. Avec une actrice à moitié argentine, un réalisateur au patronyme lituanien, un producteur, un distributeur et un second role américain, on a beau rejeter toute xénophobie primaire, on est quand même bien obligé de constater que The Artist n'a de français que le nom... ah ben non, même pas.

  2. Le sujet est tout sauf français : le cinéma muet et dansant est typique des États-Unis, le réalisateur ne s'en cache d'ailleurs pas, son film est un hommage aux origines américaines du cinéma. Pas de Georges Melies, donc, pas de voyage dans la Lune, pas d'arrivée en gare de la Ciotat... Pour tout cela, voir Martin Scorsese et Hugo Cabret.

  3. Dujardin, enfin. Quoi de plus français que “Dujardin”, ce nom qui évoque un pavillon de banlieue au gazon amoureusement soigné par un retraité de la SNCF? Quoi de plus français que ce visage expressif qui ferait passer Jim Carrey pour une momie constipée? Quoi de plus fièrement hexagonal que ce mélange de crânerie et d’auto-dérision, de charme et de ridicule assumé?

Oui mais voila, il s'agit d'un film muet. Et c'est là notre drame, à nous enseignants de français langue étrangère : le Français plait s'il se tait. Il peut et doit sourire blanc, agiter ses sourcils, imiter le chameau mieux que Jean-Pierre Raffarin, danser des claquettes, mais surtout ne pas parler. Le Français idéal ne dit rien, n'a rien à dire. Quand il l'ouvre pour faire le malin à la tribune des Nations-Unies, il est aussitot honni, conspué, boycotté, traité d'imbécile arrogant et de donneur de leçons bouffi de suffisance. Pour les Américains, donc pour le monde entier, de mme qu'un bon Indien était un Indien mort, un bon Français est un français muet. Que devient l'enseignement du français, dans tout ça? A quoi bon sensibiliser aux finesses de notre langue un monde qui la voit disparaitre avec satisfaction?

 

Pas une première

 

Et d'ailleurs, The Artist n'est même pas le premier film français à remporter la prestigieuse statuette manchote. En 1955, c'était déjà l'absence de paroles qui était récompensée avec Le monde du silence, un film qui nous faisait découvrir les merveilles sous-marines en épargnant nos tympans. Seul bémol, contrairement à Jean Dujardin, Jojo le Mérou avait à l'époque laissé échapper le prix d'interprétation au profit de Lee Marvin, et pas seulement pour des raisons artistiques, avait-on alors murmuré : en pleine période de guerre froide et au moment du renouveau maoïste en Chine, il ne lui aurait pas été pardonné un supposé flirt avec un poison rouge, relation jamais prouvée par les bien-pensants hollywoodiens. Les témoins à décharge, eux, ont tous fini en bouillabaisse chez Mel's, le restaurant des stars. Quoi qu'il en soit, si l'on concède à la France un certain savoir-faire en matière de réalisation, voire d'interprétation, aucun dialogue ne doit venir le gâcher.

 

 

Le cinéma français qui plait aux EU ne doit pas traiter de sujets actuels. Il ne doit pas etre grave. Maurice Chevallier et Edith Piaf constituent l'horizon indépassable de l'imaginaire d'Hollywood quand il se tourne vers la France. S'il peut alimenter leur nostalgie d'un monde qui leur appartient (The Artist) ou pas (Amélie Poulain, La Môme), mais qu'ils ont intégré à leur mémoire collective. Le français est-il donc condamné à n’être qu'un souvenir oublié sur une étagère, entre une statuette dorée sans bras et un trophée de pétanque?

Par yann jubier
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Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 15:36

Bien sur, il y a la crise. Certes, la France perdra son triple A, le prix du gaz augmente, la TVA aussi, la récession nous guette, si elle n'est déjà là, mais...

 

Mais le Parisien nous offre 12 raisons de nous réjouir en cette nouvelle année! En particulier, 2012 sera riche en ponts :  1er Mai, 8 Mai, 15 Aout, etc. Des vacances, encore des vacances! Bon, me direz-vous, est-ce bien compatible avec le "travailler plus pour gagner plus", slogan censé relancer l'économie française et venir à bout de toutes les crises sociales et politiques d'un pays gangréné par 26 ans de laxisme mitterando-chiraquien?

 

 

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En ce début d'année morose, il faut bien reconnaitre que les perspectives de travail ne sont pas réjouissantes, alors autant apprécier ces moments de détente que nous réserve 2012 avec ses ponts plus nombreux que ceux de Paris, et tant pis pour la croissance!

 

Et pour débuter l'année en musique, découvrez quelques ponts tels qu'ils ont été chantés en français : le pont des Arts, le pont Mirabeau et les Ponts-de-Cé.

Bonne année à tous!

Par yann jubier
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Mercredi 14 décembre 2011 3 14 /12 /Déc /2011 14:52

250px-Expo 2015 Milano

 

L'exposition universelle de 2015 aura lieu à Milan. Cela vaut déjà à la ville de voir fleurir les chantiers, les batiments nouveaux, les projets futuristes, comme pour toute exposition internationale qui se respecte. Bien sur, la crise a un peu modéré les ardeurs des organisateurs, mais on devrait voir à Milan, en 2015, ce grand barnum international qui fait marcher le commerce et met un coup de projecteur sur la ville. A l'occasion, on parlera un peu plus français puisque la langue française est avec l'anglais une des langues officielles du BIE. Mais d'où viennent les expositions universelles? Quand et pourquoi a-t-on décidé d'organiser ces manifestations gigantesques? Et qu'en reste-t-il? Voici un petit quiz (ne cliquez pas sur envoyer, les réponses sont ici) pour en savoir plus, et un site pour compléter vos connaissances.

Par yann jubier
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 18:08

 

Des tas d'accents

 

AccentGraveAccentCirconflexe Le mot de la langue française contenant le plus d'accents : cinq, tous aigus. “Hétérogénéité” : “caractère de ce qui est hétérogène”, synonyme : “diversité”.

L'accent comme symbole de la diversité. Eva Joly, candidate écologiste à l'élection présidentielle de 2012 en France, n'y avait peut-être pas pensé. Mais une chronique publiée dans le magazine Le Point, moquant son accent et l'assimilant à l'accent allemand est venue mettre l'accent au centre du débat politique, relayée ou agrémentée de commentaires d'hommes publics plus ou moins avisés. Eva Joly ne parlerait donc pas comme tout le monde. Le chroniqueur a-t-il voulu dire “comme une bonne Française”? Il s'en défend dans sa chronique suivante. Mais le soupçon est légitime : avant Eva Joly, d'autres candidats se sont distingués par un parler en dehors des standards. Charles Pasqua, en son temps candidat à ladite présidence et multi-mis en examen, dont l'accent corso-marseillais sentait l'ail, le pastis et la matraque ; Gérard Schivardi, dont la pensée politique se dissimulait derrière la rocaille de son accent narbonnais; Gaston Deferre, à l'élocution aussi approximative que le positionnement politique ; Giscard d'Estaing lui-même, élu président en 1974, dont le chuintement auvergnat grince encore dans toutes les mémoires. Tous ces candidats n'ont pas eu à répondre de leur prononciation si particulière.

 

“Le tien c'est le tien, le mien, c'est le mien”

 

Eva-Joly-Eva-Joly.jpgAlors que reproche-t-on à Eva Joly? Son origine norvégienne serait-elle suspecte? Son engagement écologiste sans (trop de) concessions menacerait-il les traditionnels accords politiciens? Son passé de juge d'instruction inquiéterait-il les personnes en place? A moins que ce ne soit tout simplement sa qualité de femme? Certaines ont déjà eu à subir des attaques aussi pertinentes, qui évitaient de parler des questions politiques de fond. Car bien sur, la parole, politique ou autre, est forme avant d’être fond. Mais considérer la manière de dire plus que le contenu du message n'est pas un signe de clairvoyance politique. Prononcer un mot de manière “erronée”, même pour dire une chose extrêmement censée, ne devrait pas valoir à son auteur  la dérision et l'incompréhension. A moins de considérer qu'Eva Joly ne pourrait être une bonne présidente de la République française parce qu'elle prononce “mal” certains mots. Avec un accent « allemand », à l'heure où les soupçons de “germanophobie” fleurissent, cela a de quoi alimenter toutes les confusions. On voudrait que tout le monde parle une même langue, d'une même façon, dans un monde homogène ? Au contraire, Eva Joly est peut-être, au-delà de la candidate de l'écologie, la candidate de l'hétérogénéité.

 

Bon, attention quand même à ne pas tomber dans l'excès...

Par yann jubier
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Présentation

Texte Libre

Ce blog s'adresse à tous les étudiants de français, du Centre Culturel Français de Milan et d'ailleurs.
Il a pour but d'approfondir les cours que j'ai la chance de dispenser. On y trouvera, au fil du temps :
- des informations supplémentaires sur les thèmes abordés ;
- des exercices de compréhension, orale ou écrite ;
- du vocabulaire, autour des champs lexicaux et des étymologies ;
- et tout ce qui semblera utile à un approfondissement des connaissances.  Rien d'exhaustif, aucune prétention historique, dogmatique ou académique, simplement un maximum d'éléments pour stimuler une saine réflexion sur la France, les Français et le français.

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