Le document de TV5 est un ensemble de commentaires portés par différents journalistes de journaux étrangers sur l'élection de François Hollande. Il est à noter que l'intervention du journaliste chinois (assis à coté du journaliste israélien), intervenue en direct juste après le reportage sur le bilan de Nicolas Sarkozy en matière de politique étrangère a été coupée au montage. Est-ce parce qu'il mettait en cause le rapprochement fait dans le reportage entre son président Hu Jin Tao d'une part, le colonel Khadafi ou l'ex-président tunisien Ben Ali de l'autre ? Ou parce qu'il reprochait à F. Hollande de vivre dans le péché avec sa compagne ? Mystère, TV5 effectue une sélection des commentaires sans en expliquer les critères.
La victoire “molle” (Hervé Gattegno, RMC-Le Point, 07/05/2012) du candidat “normal” (Une de Libération, 07/05/2012) : c'est peu dire que l'élection de François Hollande ne soulève pas un enthousiasme délirant, tout au moins dans les médias. A l'étranger, les journaux ont d'ailleurs plutot titré sur la défaite du président sortant, Hollande apparaissant alors comme un vainqueur par défaut, auquel la presse étrangère adresse trois critiques. soulignant le péché originel du président élu, à savoir que personne ne le connaît. Remarquons au passage que jusqu'à la semaine dernière, tout le monde connaissait Sarkozy, mais personne n'en voulait plus. Tout ça n'est pas très clair.
Anonyme, donc, François Hollande. Et dans la presse reviennent trois remarques :
“François Hollande n'a pas d'expérience internationale, c'est un inconnu à l'étranger.”
C'est vrai, on n'a pas élu David Guetta, Zinédine Zidane ni Gérard Depardieu. Il n'aura toutefois échappé à personne qu'aucune de ces trois célébrités ne se présentaient. Mais est-ce si différent ailleurs? Qui connaissait Barack Obama ou Angela Merkel avant leur élection? On notera au passage que la presse a parfois la mémoire courte, puisque lors de son passage au Royaume-Uni pendant la campagne, les journaux anglais s'étaient effarouchés d'une déclaration de Hollande qui désignait la finance comme un ennemi. Trois mois plus tard, tout est oublié?
“La relation franco-allemande va se détériorer, ce qui affaiblira l'Europe.”
Pourtant, depuis 1957, l'image la plus emblématique de la relation franco-allemande est pour beaucoup d'entre nous celle de F. Mitterrand et H. Kohl, main dans la main, rendant hommage aux morts de la Première guerre mondiale. Là non plus, pas de révélation fracassante : les deux hommes appartenaient à deux familles politiques différentes. On pourrait égalerment évoquer V. Giscard d'Estaing et H. Schmidt pour les plus anciens. Bref, la relation franco-allemande a souvent dépassé les traditionnels clivages gauche-droite.
“Il n'est pas marié, les Chinois, les Indiens et tant d'autres ne voudront jamais le recevoir.”
Là, c'est vrai, l'obstacle est de taille. Sera-t-il, comme son prédécesseur, contraint et forcé d'épouser un longiligne mannequin aphone récemment remis à neuf pour donner des gages de sérieux et de crédibilité? Faut-il considérer que le mariage fait partie de la panoplie présidentielle? De toute façon, au pays de l'enfant unique, avoir quatre enfants sans être en prison, ça surprendra forcément.
Alors certes, les accordéons sur la place de Tulle entonnant Viens Poupoule ou La Vie en rose évoquent un terroir que seuls les vrais amateurs de beaujolais frelaté et d'andouillette suintante savent apprécier. Certes, ils nous éloignent des excentricités ladygaguesques qui constituent aujourd'hui le modèle d'art et de culture universel. Mais pour être un diplomate désireux de bien faire, un négociateur habile mais honnête, un homme politique résolu sans etre obtus, faut-il se fondre dans le moule mainstream formaté par des publicitaires en mal d'imagination, si l'on me pardonne ce pléonasme? Hollande s'est présenté comme il est, riche de ses seuls yeux tranquilles, certains ne l'ont pas trouvé malin, la majorité l'a pourtant choisi pour présider la France pendant au moins cinq ans. Laissons-lui faire ses preuves et prions pour le pauvre François !
Je suis venu, calme orphelin
Gaspard Hauser chante :
Je suis venu, calme orphelin,
Riche de mes seuls yeux tranquilles,
Vers les hommes des grandes villes :
Ils ne m'ont pas trouvé malin.
A vingt ans un trouble nouveau
Sous le nom d'amoureuses flammes
M'a fait trouver belles les femmes :
Elles ne m'ont pas trouvé beau.
Bien que sans patrie et sans roi
Et très brave ne l'étant guère,
J'ai voulu mourir à la guerre :
La mort n'a pas voulu de moi.
Suis-je né trop tôt ou trop tard ?
Qu'est-ce que je fais en ce monde ?
O vous tous, ma peine est profonde :
Priez pour le pauvre Gaspard !
Paul Verlaine

Le mot de la langue française
contenant le plus d'accents : cinq, tous aigus. “Hétérogénéité” : “caractère de ce qui est hétérogène”, synonyme : “diversité”.
Alors que reproche-t-on à Eva Joly? Son origine
norvégienne serait-elle suspecte? Son engagement écologiste sans (trop de) concessions menacerait-il les traditionnels accords politiciens? Son passé de juge d'instruction inquiéterait-il les
personnes en place? A moins que ce ne soit tout simplement sa qualité de femme? Certaines ont déjà eu à subir des attaques aussi pertinentes, qui évitaient de parler des questions politiques de
fond. Car bien sur, la parole, politique ou autre, est forme avant d’être fond. Mais considérer la manière de dire plus que le contenu du message n'est pas un signe de clairvoyance politique.
Prononcer un mot de manière “erronée”, même pour dire une chose extrêmement censée, ne devrait pas valoir à son auteur la dérision et l'incompréhension. A moins de considérer qu'Eva Joly ne
pourrait être une bonne présidente de la République française parce qu'elle prononce “mal” certains mots. Avec un accent « allemand », à l'heure où les soupçons de “
Ce blog s'adresse à tous les étudiants de français, du